CHREZO a annoncé son prochain engin moteur en zéro abordable : ce sera un Y 8000. L'époque 3 (et antérieure) est définitivement enterrée : c'est dans l'ordre des choses et c'est très bien ainsi !
Les anciens comme moi ont connu la vogue des outrance Nord et courte-queue Kit-zéro, puis de l'immédiat après-guerre avec les saucissons Ouest Loco-diffusion ou les express Nord CMPM. Je me suis arrêté à l'époque 3c et n'en démord pas. Mais il est logique que les jeunes souhaitent du matériel contemporain et CHREZO a tranché : exit les années 50 et 60 - et même la majeure partie des '70s - à la différence du Y 2200 de RAIL 43, à cheval sur l'époque 3 et 4 .
Place aux années 80 et suivantes !
Un signal fort ? Sans aucun doute. Fondateur ? Probablement ....
Je suis allé, en co-voiturage avec Fred, un copain lui aussi membre du Cercle, à l'exposition de Bourges (que du train sur plus de 5500 m² !) samedi 15 mars 25 et j'ai été très agréablement surpris :
Sur le plan matériel : salle d'expo en centre ville, vaste parking gratuit contigü au complexe avec accès piéton direct, 3 niveaux offerts au public (deux grandes salles en rez de chaussée, une salle à l'étage et une mezzanine), des chaises un peu partout, de larges couloirs de circulation, des toilettes sur 2 niveaux ... Que demander de plus ? Sans doute une caisse un peu plus rapide (seules 2 personnes officiaient et à l'ouverture, il a fallu 30 mn pour faire 30 m. Pas de ticket d'entrée et donc pas de preuve de venue si paiement en espèce (il ne faut pas avoir d'épouse suspicieuse !).
Sur le plan fonctionnel : ce découpage en 4 zones distinctes facilite grandement la mémorisation des différents stands, notamment lorsqu'on y a laissé en dépôts des achats volumineux ou que l'on veut comparer des produits et des prix avant d'acheter.
Sur le plan de l'offre commerciale : serait-ce dû à l'absence du mastodonte Pierre Dominique, mais il y avait des revendeurs de matériels d'occasion (dont des micro-entrepreneurs) qui proposaient des oiseaux rares ou plus connus, à des prix plus que corrects (et négociables ...). Un exposant novice m'a même demandé combien il pouvait raisonnablement demander d'une voiture CIWL Elettren comme neuve dans sa boîte d'origine ! On pouvait aussi trouver des modèles originaux, tel cette sole BRAWA digitalisée et patinée, qui ne court pas les rues ...
Je me suis surpris à fourrager avec délice dans des bacs de vrac où se cotoyaient des accessoires techniques ou de décor, de démontage pour les uns, new old stock en sachet ou boîte d'origine pour les autres. Je suis ainsi tombé sur des kits de maisons STAMLY en pierre synthétique, 1/43, superbes, à 20€, des relais bistables JOUEF neufs en BO à 5€ ... Bref, un bol d'air frais totalement inattendu !
La quasi-totalité des acteurs du zéro français étaient présents (le prochain engin moteur de CHREZO sera bien un Y 8000, comme prévu). A noter la montée en puissance de "petits nouveaux" dans notre échelle favorite, tels Raphael Sanchez dans les signaux mécaniques et lumineux, mais aussi PLM (production ludo modélime), avec une gamme complête d'avertissements fixes, une superbe grue PLM ...
et également Aiguillages & Accessoires, avec des leviers d'aiguille et une grue à eau unifiée de toute beauté vendue montée mais non peinte.
Les réseaux de toute échelle, dont le zéro, bien sûr, ainsi qu'un vaste ovale en 5'' à l'entrée pour le plus grand plaisir des enfants. Fabriquer des souvenirs, c'est capital ...
On a donc, entre autres, revu avec plaisir la laiterie Saint-Loup, le grand réseau bouclé Juvisy-Chantilly, agrémenté d'un nouveau viaduc double-voie en quart de cercle de toute beauté. On a découvert le long réseau point à point de l'ami Jean-Claude A (Gerber sur le forum du zéro), complété récemment d'une superbe ferme aux effets sonores magistraux.
On a rencontré dans les allées des copains de toujours et fait des connaissances autour des stands. On a ramené pour d'autres des commandes passées (notamment un céréalier chez Rail 43, pionnier de la remise en main propre payante qui avait défrayé la chronique sur le forum du zéro ...). Et, comme toujours, j'ai fait mon approvisionnement en outillage, matières premières, électronique, peintures (même si l'Octant nous manque cruellement en expo), ce qui rembourse très largement l'entrée par les économies de frais de port !
Encore plus fort que la promo anglaise de "Rails of Sheffield", le détaillant allemand "Modellbahn Union" propose l'autorail Dapol GWR - en analogique, mais DCC sound -ready 21 broches, à ... 250,24 € (+ 9,91 € de frais de port, offerts si vous en achetez deux)jusqu'au 30 avril 2025 !
500 € pour 2 machines : de quoi se laisser tenter pour un réseau étagère "point à point" animé par le va et vient DCC Intégral avec option "gare de croisement" (voir articles précédents) !
Regardons de plus près cette "banane volante" : le démontage est enfantin : 4 vis aux extrémités ! A noter que l'installation d'un décodeur et de son HP ne nécessite que le dévissage de 2 vis, permettant d'accéder à la soute. Il n'y a aucun fil électrique entre la caisse et le châssis, un circuit imprimé servant de ciel de toît, solidaire du châssis, portant les leds de plafonnier et de 3e feux haut. Les feux inférieurs sont également de simples conduits lumineux transportant la lumière émise par des leds intégrées au châssis.
On se retrouve donc avec la caisse en plastique injecté, très légère et facile à manipuler. Cerise sur le gâteau, les double-portes d'extrémité sont ouvrantes (mais pas les portes centrales) !
Les tiges noires sont des porte-fanaux, cet autorail n'étant pas équipé de tampons. Il serait TRES tentant de modifier les extrémités pour y greffer une traverse munie de tampons à ressort "petit plateaux", d'un attelage à vis et de quelques bricoles pour le franciser, d'autant que le museau a un petit air d'ADN "standard" ...
Un prototype inédit de la SNCF ... ou un autorail importé par une compagnie fictive : une livrée crême / rouge ne déparerait pas et serait même plus élégante pour la retombée de toiture et le redan des portes centrales ...
On attaque donc rapido cette transformation : il faut se débarrasser des conduits lumineux en lucite et des tiges noires, ainsi que des tôles qui les coiffent.
On repousse par l'extérieur les feux avec un chasse-goupille ad hoc. Une des tiges noires se déboîte à la pince, mais l'autre semble bien collée dans son trou borgne : on attaque au porte-foret (2 mm) à main pour ne pas déraper !
On élargit les logements au diamètre 3 mm, toujours à la mano, l'entraxe étant de 40 mm, soit la valeur standard du tamponnement à notre échelle !
On taille une traverse de 10 x 51 mm dans une chute de plasticarte de 1 mm d'épaisseur. On trace les médiatrices on perce à 3 mm l'emplacement des tampons à ressort "petit plateau" (origine : AMG 808 sur le forum du zéro ; oui, je sais, Haxo Modèle l'a à son catalogue - connu de lui seul - et quant à la disponibilité ...). On rectifie à la lime plate les divers entourages de tout ce qui a été démonté, on enfiche la traverse et on obtient ceci :
On complète la traverse de choc par la pose du crochet d'attelage : on perce à 2 mm au porte-foret à main, puis on met en forme à la lime carrée
On peut alors enficher le crochet (origine : schnellenkamp, 18 € tout monté) qui sera ainsi guidé dans sa translation.
Un profilé Evergreen 2 X 2,5 mm mis en forme est collé en partie basse pour épouser au mieux la caisse.
On va pouvoir coller définitivement cette traverse de choc et mastiquer les jointures au "Tamiya Putty"....
... ramené de Bourges, tout comme les peintures ad hoc !
La traverse de choc a été collée à l'araldite 2 composants, puis mastiquée au couteau de peintre miniature :
On en profite pour apprécier les bogies du châssis, qu'il serait pertinent de découvrir, à la façon des autorails français : ça tombe bien, puisque des volets amovibles sont inclus dans le bas de caisse de cet autorail !
L'aménagement intérieur est plutôt réussi et n'attend plus que quelques passagers assis
En toiture, figure un tube central avec des descentes de cables sur les cotés
Tout est enlevé et les bossages venus de moulage laisseront place à des aérateurs circulaires rapportés, centrés sur la toiture.
On arase précautionneusement ces bossages à la scie japonaise (Tamiya, of course !) dont la souplesse permet d'épouser le galbe de la toiture. En effet, j'ai constaté une dépression correspondante à chaque relief à l'intérieur de la coque, donc à une épaisseur moindre à cet endroit. On fignole à la lime à ongle cartonnée et on passe au suivant !
Gros boulot de mastiquage et ponçage sur la toiture : j'avoue que je ne pensais pas en baver autant, mais ce plastique est plutôt tendre et marque vite. Quelques couches d'apprêt sont à prévoir ...
L'avant de la toiture présente un 3e feu central et 2 prises d'air à louvres moulées qui ne sont pas du meilleur effet ...
L'ensemble est arasé et mastiqué, sans esquinter la gouttière d'assemblage qui court tout le long de la toiture.
Bon, après moults masticages et ponçages, on va voir un peu l'état de surface de cette toiture après pulvérisation d'un apprêt 1er prix acheté en hard discount (Action,pour ne pas le nommer ...)
L'état de surface s'améliore à chaque ponçage au 600 : on va bientôt pouvoir installer les aérateurs "aérodyne" et les trompes Sanor en toiture !
On passe enfin un apprêt digne de ce nom (surface primer de Tamyia) et on procède au perçage des aérateurs à la drille à main
Ces aérodynes en fonderie (même origine que les tampons ...) sont vraiment superbes. Dire qu'ils étaient dispos au catalogue Kit Zéro, avec les Chanard et les Torpedo : la vieillesse est un naufrage !
On en profite pour reprendre une dernière fois les quelques imperfections de toiture restantes au mastic monocomposant Tamyia et on pose les doubles trompes SANOR :
On reprend le fil de cette réalisation, après une interruption indépendante de ma volonté ! Le projet de réseau exposable - de qualité - du noyau dur de la section Bourgogne du Cercle du zéro prenant de l'épaisseur jour après jour (acquisition de la partie voie unique du réseau "un morceau de Cantal" de Jean-François Lavrut, exploitée en va-et vient DCC sound), on va peaufiner cet autorail bien né pour en faire un prototype inédit de l'industrie ferroviaire française. La 2e traverse de choc est en cours ...
... et je m'attaque désormais aux fenêtres latérales. Force est de constater que cette disposition avec 4 impostes en partie haute est très british (cf les voitures CIWL) et peu usitées sur nos autorails franchouillards, qui privilégient les baies fixes ou coulissantes verticalement.
N'étant pas (encore) équipé de fraiseuse CNC, j'ai lancé un appel aux moustachus pour remplacer les vitrages d'origine par des baies monobloc ...
Wait and see !
Bon, je n'ai pas encore eu de retour positif sur des vitrages fraisés, mais j'ai franchi le pas : les impostes ont été arasées à la scie Tamiya et fignolées au capron : alea jacta est !
Bingo, a priori, je vais pouvoir disposer de vitrages plexi fraisés CNC monobloc (merci le réseau d'amis +++), donc j'ai viré l'ensemble des croisillons horizontaux, ce qui donne à cet autorail une touche franco-franchouillarde de bon aloi ...
Il reste cependant entre les baies un relief reprenant ces impostes. J'étudie le moyen de l'araser sans flinguer la paroi, ni les encadrements d'huisseries en relief : pas évident ...
En observant les autorails de l'AATY à Toucy (Picasso et RGP 2), il s'avère qu'il n'y a pas de cadre débordant sur les fenêtres coulissantes, mais que celles-ci sont encastrées dans une paroi lisse : on procède donc au ponçage des couvre-joints et des encadrements de vitres.
On continue la francisation de cet autorail, avec la remontée du moteur, du dessous de caisse à la partie avant de l'engin, à la manière d'une RGP. La baie vitrée correspondante est donc bouchée et recevra les prises d'air d'un coté et d'échappement de l'autre. Accessoirement, cela permettra de n'avoir que des baies voyageurs parfaitement rectangulaires (et identiques) ...
... hormis celles jouxtant la partie fourgon. Bien entendu, cela colle parfaitement avec les aérateurs de toiture, au nombre de 6.